Un client m'a envoyé un mail l'autre jour, paniqué : « On m'a dit que tous mes liens externes étaient en dofollow et que Google allait me pénaliser. C'est vrai ? » Réponse courte : non. Réponse utile : ça dépend de quels liens on parle, et surtout de quand date l'info qu'on vous a transmise.
Parce que la vraie différence entre nofollow et dofollow, celle qui compte en 2026, n'est plus tout à fait celle qu'on lit dans la plupart des articles. Le mécanisme a bougé. Pas dans les grandes lignes, mais suffisamment pour que la moitié des conseils qu'on trouve encore en ligne soient périmés.
Je vais vous expliquer ce qui se passe réellement quand vous posez un lien, comment choisir entre les deux, et pourquoi la réponse « mets du nofollow partout sur les liens sortants » est une mauvaise habitude héritée d'une époque révolue.
Points clés à retenir
- Un lien dofollow est suivi et transmet de l'autorité. C'est le comportement par défaut, sans attribut.
- nofollow n'est plus une directive stricte depuis plusieurs années : c'est devenu une indication que Google peut ignorer.
- Deux valeurs plus précises existent désormais :
rel="sponsored"etrel="ugc". - Un lien nofollow peut quand même vous apporter du trafic et de la visibilité. L'autorité n'est pas tout.
- Un profil de liens 100 % dofollow est suspect. Un profil 100 % nofollow est inutile.
La vraie différence entre nofollow et dofollow
Commençons par le socle, parce que la confusion vient souvent de là.
Quand vous placez un lien dans votre HTML, vous écrivez une balise <a>. Par défaut, cette balise ne dit rien de particulier à Google : le lien est suivi, la page pointée reçoit une partie de ce qu'on appelle le PageRank (l'autorité que Google calcule entre pages). C'est le comportement dofollow. Notez bien : dofollow n'est pas un attribut. Vous n'écrirez jamais rel="dofollow". Ça n'existe pas. Dofollow, c'est juste l'absence de mention contraire.
Le nofollow, lui, est un attribut qu'on ajoute dans la balise :
<a href="https://exemple.fr" rel="nofollow">un lien</a> Historiquement, cet attribut disait à Google : « ne suis pas ce lien, ne compte pas son vote ». Il a été créé pour lutter contre le spam dans les commentaires de blog et les forums, où n'importe qui pouvait semer des liens vers son site en masse.
Ce que la plupart des articles oublient de dire
Voici l'information qui manque partout, et qui change la donne. Depuis 2019, Google a officialisé deux nouvelles valeurs d'attribut, et surtout : nofollow n'est plus une consigne obligatoire. Google parle désormais d'un « indice » (hint en anglais). Autrement dit, l'entreprise se réserve le droit d'ignorer votre nofollow si elle juge le lien utile pour ses utilisateurs.
Traduction concrète : poser du nofollow partout ne garantit plus rien. Vous ne « bloquez » pas la transmission d'autorité de façon hermétique. Vous donnez une intention.
Les trois valeurs d'attribut à connaître
- rel="nofollow" : lien non approuvé, non garanti par vous. Vous ne vous portez pas caution.
- rel="sponsored" : pour les liens payants, partenariats, articles sponsorisés. Google veut savoir quand de l'argent circule.
- rel="ugc" : pour le contenu généré par les utilisateurs (commentaires, avis, profils).
Sur mon propre blog, j'ai mis du ugc sur les commentaires et du sponsored sur les quelques liens affiliés que j'assume. C'est plus honnête, et Google le comprend mieux qu'un nofollow générique posé à l'aveugle.
Tableau comparatif : quel attribut pour quel usage
Rien ne vaut un tableau clair. Voici comment je tranche, en pratique.
| Attribut | Suivi par Google | Transmet l'autorité | Quand l'utiliser |
|---|---|---|---|
| Aucun (dofollow) | Oui | Oui | Liens éditoriaux que vous cautionnez |
| rel="nofollow" | Indice, pas garanti | Non (en principe) | Contenu douteux, mentions non vérifiées |
| rel="sponsored" | Oui, mais non compté | Non | Liens payants, affiliation, partenariats |
| rel="ugc" | Oui, mais non compté | Non | Commentaires, avis clients, forums |
Une amie qui gère un site e-commerce me disait qu'elle mettait du nofollow sur tous ses liens sortants, par réflexe. Mauvaise idée. Si vous citez une source de qualité, la laisser en dofollow est un signal éditorial cohérent, pas un danger.
Faut-il mettre du nofollow sur tous ses liens sortants ?
Non. Et c'est probablement l'erreur la plus répandue que je vois dans les audits de profil de liens qu'on me demande de jeter un œil.
Le raisonnement derrière cette peur est vieux : « si je transmets mon autorité à l'extérieur, j'en perds ». C'est vrai sur le principe, à la marge. Mais dans les faits, les liens sortants vers des sources fiables renforcent la crédibilité de votre page. Citer ses sources, c'est une bonne pratique de rédaction, avant d'être une question de SEO.
Ce que j'ai constaté sur mes propres sites
Quand j'ai commencé, il y a quelques années, je mettais du nofollow partout sur les liens externes. Résultat : aucune différence mesurable sur mes positions. Puis j'ai arrêté, en laissant les vraies sources en dofollow. À nouveau, rien de spectaculaire. Mais une chose a changé : mon contenu a été repéré et partagé plus souvent, parce que les sites que je citais voyaient passer du trafic référent dans leurs stats et, parfois, répondaient.
Le trafic référent, voilà l'angle mort de tout le débat nofollow/dofollow. Un lien nofollow qui envoie 200 visiteurs qualifiés par mois à votre concurrent reste un lien précieux pour lui. Le SEO ne se résume pas au PageRank.
Comment choisir, concrètement
Voici la grille que j'applique. Elle tient en quelques questions.
- Est-ce que je cautionne ce lien ? Si oui, dofollow.
- Est-ce que de l'argent circule ? Alors
sponsored. - Est-ce un contenu que je n'ai pas écrit et dont je ne réponds pas (commentaire, avis) ?
ugcounofollow. - Le lien est-il douteux, cassé, ou pointe-t-il vers un site que je ne connais pas ?
nofollow, sans hésiter.
Et la question qu'on me pose souvent : « et pour un lien sortant vers un site concurrent ? » Dofollow, si c'est une source légitime que vous citez honnêtement. Google sait reconnaître un lien éditorial d'un lien de complaisance.
Faut-il auditer son profil de liens entrants ?
Oui, et plus souvent qu'on ne le croit. Les liens entrants (les backlinks), c'est là que se joue vraiment votre référencement. Vous ne contrôlez pas qui vous cite. En revanche, vous pouvez identifier les liens toxiques et demander leur suppression, ou les désavouer.
Un profil sain, c'est un mélange : beaucoup de dofollow éditoriaux, quelques nofollow naturels (forums, annuaires, mentions), et un ratio qui paraît humain. Un site dont 100 % des backlinks sont en dofollow et proviennent de trois domaines ? Ça, c'est suspect. Google le voit aussi.
Je vérifie le mien tous les six mois environ. La dernière fois, j'ai repéré une dizaine de liens depuis des annuaires douteux, tous en dofollow. Je les ai désavoués. Le trafic n'a pas bougé d'un iota, mais je dors mieux.
Et si on retenait une seule chose ?
Dofollow transmet, nofollow (en principe) ne transmet pas. Mais c'est une vision binaire d'un mécanisme qui ne l'est plus. Depuis que nofollow est devenu un simple indice, et que sponsored et ugc sont apparus, la bonne question n'est plus « est-ce que je bloque ou pas », mais « qu'est-ce que je veux dire à Google avec ce lien ».
Posez-vous ça à chaque fois que vous insérez une balise <a>. Le choix devient simple, et vous arrêterez de mettre du nofollow par réflexe sur des liens qui méritaient mieux.